Comment renforcer sa compétitivité avec la RSE ?

L’Association Meeting Professional International Rhône-Alpes a choisi d’aborder lors du MPI café du 26 septembre la thématique complexe de la RSE (Responsabilité Sociétale d’Entreprise). A cette occasion, Maguy Sicuro Présidente de l’antenne locale a convié Olivier Dubigeon, conférencier international, praticien expert en intégration stratégique et pilotage opérationnel RSE/DD. Cet événement s’est tenu dans les locaux de l’Université de Lyon III, très engagée sur cette thématique (1).

Après une brève introduction de Monsieur Stéphane Pillet, Vice- Président de l’Université de Lyon III, Olivier Dubigeon a tenu son auditoire en haleine pendant plus de deux heures en ouvrant les portes d’un sujet qu’il qualifie lui-même de complexe. Engagé depuis 37 dans la RSE, il a mené de nombreuses missions pour les territoires, et au sein des entreprises. Aujourd’hui, il exerce son activité en indépendant au sein du cabinet Sustainway² dont il en est le fondateur.

Olivier Dubigeon a introduit le sujet par un exemple très parlant remettant en cause notre approche du « Développement Durable ». Une industrie du textile fait fabriquer ses vêtements dans des échoppes au Tibet. Elle s’aperçoit rapidement que ce critère n’est pas conforme à ce qu’elle imagine être des engagements sociétaux et décide en conséquent de revoir son mode d’approvisionnement. Cette décision soudaine impacte fortement l’économie locale puis nationale d’un pays fournisseur (Népal) et laisse de nombreux enfants livrés à eux-mêmes et sans argent. Cet exemple résume bien la complexité du sujet et met en exergue l’approche globale nécessaire à la RSE.

« Reconnecter le cerveau économique et le cerveau sociétal »

Comment comprendre ces mutations ? Le monde est aujourd’hui confronté à une double rupture : écologique (disparition de la biodiversité, des ressources, augmentation des déchets…) et sociale/sociétale.

« Nous sommes au seuil de la catastrophe », précise-t-il « mais c’est plutôt une bonne nouvelle ! » : se présente en effet l’opportunité de réinventer un contrat sociétal mondial. L’entreprise est aussi concernée par cette mutation et tout l’enjeu résidera dans l’art de reconnecter notre cerveau économique et notre cerveau sociétal. « Il est temps de se réconcilier entre notre activité économique et l’utilité sociétale de nos activités pour la société » annonce Olivier Dubigeon. Ceci permettra à l’entreprise d’être plus compétitive, et de développer son activité d’une manière acceptable – et donc attractive – pour la société.

Après ce constat qui modifie notre approche du « Développement Durable », Olivier Dubigeon a rappelé les 7 enjeux sociétaux émanant d’un travail collaboratif international réunissant 100 pays et 400 acteurs impliqués sur le sujet, et qu’il qualifie de « pas historique » : environnement, droits humains, relations et conditions de travail, pratique des affaires, consommateur et client, communauté et développement local, gouvernance de l’organisation.

6 étapes pour mettre en pratique la RSE

Comment l’entreprise face à ces enjeux peut se mettre en mouvement et quelle est la bonne recette ? « La Co-construction » entre les parties prenantes (salariés, fournisseurs, clients, collectivités…) est indéniablement la clé de toute réussite. L’entreprise doit apprendre à dialoguer, partager avec les différents acteurs de son écosystème.

Pour structurer sa démarche dite de Responsabilité sociétale, l’organisation doit prendre en compte les 6 étapes suivantes :

Elaborer un diagnostic RSE en prenant en considération les points de vue des parties prenantes (clients, actionnaires, salariés, fournisseurs, associations, « société civile »,…).

Elaborer la « boussole » d’orientation stratégique à partir d’un diagnostic RSE (Référentiel RSE).

Etablir un dialogue et une concertation avec ses parties prenantes significatives, préalablement cartographiées et hiérarchisées.

Mesurer, évaluer, rendre compte : mesure quantitative se traduisant par un suivi d’indicateurs clés (consommation d’eau, émission de gaz à effet de serre ….) complétée par une évaluation qualitative des impacts au travers d’un dialogue contradictoire permanent avec les parties prenantes.

Former les équipes, leur permettre de s’approprier les clés de la démarche et de s’auto-évaluer au quotidien, nécessitant le support d’un outil pédagogique facilement appropriable.

Intégrer les critères RSE dans les processus de pilotage et de management (intégration par exemple de ces critères dans les entretiens annuels, dans les achats)

Ce ne sont pas juste des pratiques ou process qui vont être modifiés mais il s’agit bien de changement de vision, de nouveaux projets collaboratifs, innovants et structurants.

Dans le monde de l’événementiel, la nouvelle norme ISO20121, officialisée à l’occasion des Jeux Olympiques de Londres, devrait permettre aux acteurs de ce secteur une plus grande professionnalisation. C’est aussi un cadre de référence pour formaliser sa démarche.

En conclusion de son intervention, Olivier Dubigeon a reprécisé l’importance de l’humain comme clé du succès de toute démarche RSE et l’intégration nécessaire de la démarche à la stratégie de l’entreprise. Et de rajouter, « la crise que nous traversons ne constitue pas un frein mais une réelle opportunité pour transformer ses pratiques ».

1 : Master Ethique et Développement Durable – Partenariat IAE – Faculté de Philosophie

2 : http://www.sustainway.com/  Innovation soutenable et Différenciation compétitive

 

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