Energie : répondre aux nouvelles exigences règlementaires

Mardi 13 janvier dans les locaux de la CCI Nice Côte d’Azur à Nice Premium une quarantaine d’acteurs économiques des Alpes Maritimes ont participé à un petit déjeuner autour du thème du Management de l’Energie. Cet événement était organisé en partenariat avec la CCI Nice Côte d’Azur, l’AFQP06 et Bureau Veritas.

Bureau Veritas et CCI Nice Côte d'Azur

Bureau Veritas et CCI Nice Côte d’Azur

« Au travers de solutions énergétiques et de pratiques éco-responsables, les organisations peuvent réduire leur consommation et leur facture », souligne Jean-Christophe Clément, Chef de projet énergie CCI Nice Côte d’Azur. La CCI, porteuse du développement économique travaille depuis plus de 5 ans sur cette thématique

Pourquoi et comment mieux maîtriser ses consommations ?

Le prix de l’énergie ne cesse d’augmenter, l’état alerte sur les enjeux climatiques de gaz à effet de serre, et la règlementation impose aux entreprises de plus de 250 salariés de réaliser un audit de performance énergétique en 2015. Aussi, l’entreprise ne peut plus ignorer ce poste important qui peut parfois représenter jusqu’à 30% d’un budget de fonctionnement selon l’activité.

Par où commencer ?

Thierry Boblet, Directeur Eo Développement

Thierry Boblet, Directeur Eo Développement

Thierry Boblet, directeur d’Eo Développement, propose 6 étapes clés :

1. Identifier les sources de consommation

2. Analyser ses consommations

3. Rechercher les pertes et les gains

4. Comptabiliser : équipement, campagnes de mesures, installation de compteurs, tableau de bord. Les veilles de nuit peuvent représenter plus de 50% de la consommation du site.

5. Substituer : remplacement d’un matériel par un autre

6. Communiquer

Quelles actions mettre en œuvre ?

Le Chauffage

Le chauffage peut vite représenter un gouffre financier. Il vaut mieux éviter le chauffage d’appoint, fortement consommateur d’énergie.

La régulation du chauffage permet également de réaliser des économies assez facilement. 1 degré en moins = 7% d’économie.

La climatisation

L’entreprise doit tout d’abord respecter les exigences règlementaires concernant la climatisation (traitement des gaz à effet de serre fluoré – Décret n° 2011-396 du 13 avril 2011) et peut-être parfois changer ses usages : un ventilateur consomme 7 fois moins qu’un climatiseur.

Les imprimantes

75% de l’énergie d’un photocopieur est utilisé pour le réchauffage de l’imprimante. Une imprimante laser personnelle consomme 3 fois plus qu’une imprimante à jet d’encre.

Conseil pratique : mutualiser les équipements et installer une prise multiple.

L’éclairage

De nombreuses actions peuvent être mises en œuvre pour réaliser 10 à 15% d’économies : mise en place de détecteurs de présence, minuteurs, horloges, installation d’ampoules leds et fluocompacts…

L’entreprise Neway incite son personnel à éteindre les lampes lorsque leur utilisation n’est pas utile.

S’il est impossible de changer l’éclairage pour des raisons techniques ou de budget, il est possible d’intervenir sur l’intensité de la lumière. L’aéroport de Nice Côte d’Azur a installé de nombreux variateurs et a ainsi pu réduire considérablement sa dépense en électricité.

L’eau

« Moins on consomme d’eau moins on consomme d’énergie », précise Thierry Boblet. Aussi les actions visant à réduire les consommations d’eau entrent dans le périmètre du management de l’énergie : installation de réducteurs et mousseurs, récupération de l’eau de pluie…

Les ordinateurs

Il est fortement conseillé d’éteindre et de couper l’alimentation des ordinateurs lorsqu’ils ne sont pas utilisés (un ordinateur éteint peut continuer à consommer !).

Les messages électroniques sont aussi fortement consommateurs d’énergie (ils sont stockés sur des serveurs et consomment beaucoup d’énergie). Aussi il est conseillé  de supprimer les historiques de mail, d’en réduire l’envoi et de les alléger avec le moins possible de pièces jointes et images. De nombreuses entreprises aujourd’hui envoient leurs vœux par mail. Il est plus écologique de choisir l’envoi par courrier ou de présenter ses vœux par téléphone.

En dehors de ces actions, il est important également de rentrer la problématique énergétique dans sa politique d’achat (achat matériel classe A et +, labels energystar…) et faire réaliser si possible un audit énergétique par un cabinet spécialisé.

Théophile Caron, Bureau Veritas

Théophile Caron, Bureau Veritas

Clés de lecture de l’ISO5001 : Système de Management de l’énergie

Théophile Caron, chef de projet Energie chez Bureau Veritas présente les grandes lignes de l’ISO5001.

Rappel du contexte règlementaire

– Objectifs Européens : objectifs « 20-20-20 » en 2020, c’est à dire réduire les Emissions de Gaz à effet de serre de 20%, Augmenter la part des énergies renouvelables de 20%, Réduire les consommations d’énergie de 20%.

– Nouvelle directive Européenne : le 25 octobre 2012, l’UE a adopté la directive 2012/27/UE relative à l’efficacité énergétique, dont l’article 8 introduit une obligation pour les grandes entreprises de réaliser des audits énergétiques.

– Transposition au droit Français : la Loi n°2013-619 du 16 juillet 2013 ajoute un chapitre sur la performance énergétique des entreprises dans la partie législative du code de l’énergie et précise les sanctions financières applicables. Les entreprises doivent réaliser leur premier audit avant le 5 décembre 2015 puis le renouveler tous les 4 ans.

– Les entreprises concernées par la nouvelle règlementation : toute entreprise – identifiée par son SIREN – dont l’effectif est supérieur à 250 personnes ou CA annuel excédant 50 millions d’euros, ou total du bilan annuel excédant 43 millions d’euros. Les entreprises qui ont un système de management de l’énergie certifié NF EN ISO 50 001 sur un périmètre défini par la réglementation sont exemptées de cette nouvelle règlementation.

– Périmètre d’application de l’audit énergétique (Directive 2012/27 Loi DDADUE Décret 2013-1121) : il doit couvrir au moins 80 % du montant des factures énergétiques de l’entreprise. Pour les audits réalisés avant le 5/12/2015 : possibilité de dérogation à 65 %. Pour se mettre en conformité, l’entreprise doit réaliser un audit énergétique par un prestataire externe ou interne (en respectant les exigences de l’arrêté) ou mettre en place un système ISO5001 par un prestataire accrédité (dans ce cas, fournir le certificat à la DREAL + définition du périmètre). Si l’entreprise est certifiée ISO14001 elle doit réaliser un rapport d’audit énergétique mais elle n’a pas la nécessité de prouver la compétence des auditeurs.

Qu’est-ce qu’un audit énergétique ? (Conformément à la NF EN 16247-1)

L’audit énergétique comprend les étapes suivantes :

– Etape 1 : contact préliminaire

– Etape 2 : réunion de démarrage

– Etape 3 : recueil des données (liste des équipements, processus, systèmes, caractéristiques de l’organisme à auditer, données historiques, données de conception, audits antérieurs, etc..).

– Etape 4 : travail sur site (évaluer les usages énergétiques, appréhender les conditions opératoires, identifier les 1ère opportunités d’amélioration et analyses complémentaires requises).

– Etape 5 et 6 : Analyse et rapport

– Etape 7 : réunion de clôture

Les PME sont encouragées à réaliser des audits énergétiques car les CEE (Certificats d’Economies d’Energies) leur permettait d’avoir un retour d’investissement mais aussi de rembourser la certification du SME (2014), depuis 2015 la bonification est passée à 20%.

L’ISO 50001 : une norme pour la performance énergétique

La norme ISO 50001 définit les exigences mais n’apporte pas de recommandations de mise en œuvre.

Ses caractéristiques :

1. Elle s’adresse à tout type d’organisme

2. Elle repose sur l’amélioration continue de la performance énergétique

3. Elle s’inscrit dans le respect des exigences règlementaires

4. Elle a pour objectif de diminuer les coûts liés à l’énergie

5. Elle a pour objectif de diminuer les impacts environnementaux liés à l’énergie

6. Sa structure est basée sur le principe du PDCA (Plan-Do-Check-Act).

Quels sont les attentes d’un audit ISO50001 ?

PLAN

Responsabilité de la direction (représentant de la direction ayant les compétences et aptitudes adéquates ; présence d’une équipe de management de l’énergie)

– Politique énergétique : axée sur la performance, contient des engagements clés, fixe un cadre pour la définition des objectifs et cibles, respect de la règlementation (respect des exigences légales et autres)

– Planification énergétique

Revue énergétique :

– Consommation de référence, identification des usages énergétiques significatifs

– Indicateur de performance

– Objectifs, cibles et plans d’action

DO

Mise en œuvre et fonctionnement :

– Compétences, formations, sensibilisation

– Communication

– Documentation

– Maîtrise opérationnelle

– Conception

– Achats d’énergie et de services

CHECK

Vérification :

– Suivi, mesure et analyse

– Evaluation de la conformité des exigences légales et autres

– Audit interne

– NC, corrections, AC et AP

– Maîtrise des enregistrements

ACT

Revue de Management

La démarche ISO 50001 apporte-t-elle un réel bénéfice ?

Les bénéfices sont concrets et mesurables :

– L’entreprise maîtrise mieux ses consommations et réduit ainsi les coûts de fonctionnement

– Cela lui permet d’être dispensé des audits énergétiques à réaliser tous les 4 ans

– Les salariés sont mobilisés autour d’un projet cohérent

– L’entreprise est reconnue comme un acteur soucieux de ses impacts sur son environnement : empreinte carbone de l’activité, préservation des énergies fossiles.

Quel coût représente une démarche ISO50001 ?

Cela dépend du niveau de maturité de l’entreprise en matière de performance énergétique et de système de management. Pour un audit ISO50001 il faut compter entre 5 à 10 jours suivant le type d’activité, à raison de 1000€ par jour la mission, soit 6000 à 10 000 pour trois ans.

Avant de se lancer dans l’aventure, il est plus prudent de vérifier les ressources disponibles pour ce projet ainsi que le besoin d’aide éventuel pour la mise en place du système (accompagnement 10 à 15 k€).

En savoir plus :

CCI Nice Côte d’Azur

Bureau Veritas – ISO50001

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